Ouvrir un rayon glace en boulangerie, une section glace au restaurant ou un atelier de glace fermière suppose de former quelqu’un. Selon que la personne formée est salariée, artisan dirigeant ou exploitant agricole, ce n’est pas le même guichet qui paie, et les règles 2026 ont bougé.
Le principe : qui est formé détermine qui paie
La première question n’est pas « quelle formation ? » mais « qui part en formation ? ». Le Code du travail confie à l’employeur l’adaptation des salariés à leur poste et lui permet de proposer des formations de développement des compétences, inscrites dans le plan de développement des compétences (article L. 6321-1). Pour les entreprises de moins de 50 salariés, l’opérateur de compétences (OPCO) de la branche peut financer les coûts pédagogiques de ces actions, la rémunération du salarié en formation et les frais annexes (article L. 6332-17), selon les priorités fixées par son conseil d’administration.
Le chef d’entreprise non salarié, lui, ne relève pas de l’OPCO. L’artisan inscrit au registre national des entreprises se tourne vers le FAFCEA, l’exploitant agricole vers VIVEA. Un boulanger qui forme sa vendeuse et se forme lui-même peut donc monter deux dossiers distincts, auprès de deux organismes.
Quel OPCO selon votre convention collective
Le rattachement se fait par la convention collective (IDCC) appliquée dans l’entreprise, indiquée sur les bulletins de paie.
- Boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 0843) : OPCO des entreprises de proximité (OPCO EP), désigné par accord de branche du 6 mars 2019 et repris dans la liste des branches publiée par l’OPCO EP.
- Pâtisserie (IDCC 1267) : également OPCO EP, selon cette même liste. C’est la convention dont relèvent de nombreux pâtissiers glaciers.
- Hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979) : AKTO, qui liste aussi la restauration rapide (IDCC 1501) et les cafétérias (IDCC 2060) dans son champ.
Un glacier qui applique une autre convention, ou aucune, doit vérifier son OPCO auprès de son gestionnaire de paie ou directement sur le site des OPCO. Les montants et durées pris en charge sont fixés par chaque OPCO et par branche : ils se consultent sur leur site ou auprès du conseiller entreprise.
FAFCEA : l’artisan dirigeant et son conjoint
Le FAFCEA finance la formation des chefs d’entreprise artisanale et de leurs conjoints collaborateurs, sur justificatif d’inscription au registre national des entreprises datant de moins d’un an au début du stage. Le conjoint associé et l’auxiliaire familial y ont aussi accès, avec d’autres justificatifs. Le rattachement se vérifie avec le code NAFA sur fafcea.com.
Les critères du secteur Alimentation validés le 31 juillet 2026 distinguent deux cas selon la contribution à la formation professionnelle (CFP) versée par l’entreprise :
- CFP supérieure à 85 € : formation technique prise en charge dans la limite de 54 heures par stagiaire et par an, avec un coût horaire maximum de 60 € HT en présentiel ou distanciel avec formateur.
- CFP inférieure ou égale à 85 € : pour les formations débutant à partir du 1er septembre 2026, prise en charge plafonnée à 600 € par an et par entreprise, en comptant les financements accordés pour les formations débutées depuis le 1er janvier 2026 (les aides déjà engagées ou versées restent acquises).
Deux points intéressent directement le glacier : les stages de moins de 4 heures ne sont pas financés, et les thèmes hygiène, évaluation des risques, allergènes et étiquetage sont limités à 8 heures par thème, par an et par stagiaire.
VIVEA : le glacier fermier
Un éleveur laitier ou un arboriculteur qui veut transformer son lait ou ses fruits en glace relève de VIVEA, s’il est chef d’entreprise agricole non salarié, conjoint collaborateur, aide familial ou cotisant de solidarité. Chaque contributeur dispose au maximum de 2 000 € de prise en charge par année civile, non reportable, à condition d’être à jour de sa contribution auprès de la MSA. Le catalogue de VIVEA propose un filtre « Transformation » pour repérer les formations de ce type. VIVEA paie directement l’organisme de formation, qui facture le reste à charge éventuel.
Les critères à vérifier avant de signer
- La certification Qualiopi de l’organisme. Elle est imposée par la loi pour les formations financées par un OPCO (article L. 6316-1). Le FAFCEA refuse automatiquement depuis le 1er juillet 2026 tout dossier émanant d’un organisme non certifié. VIVEA exige que l’organisme, une fois certifié, figure sur la liste publique des organismes de formation, condition pour déposer une demande de financement.
- Le calendrier. Au FAFCEA, le dossier complet doit arriver en un seul envoi, au plus tôt 3 mois avant et au plus tard le jour du début de la formation. Les justificatifs de fin de stage sont à envoyer dans les 2 mois. Côté OPCO, chaque organisme fixe ses propres délais : demandez-les avant de réserver.
- Les documents. Programme pédagogique détaillé, devis ou convention, justificatif de statut, puis facture acquittée et attestation de présence ou certificat de réalisation.
Et le CPF ?
Le compte personnel de formation reste mobilisable pour une formation éligible au CPF, mais avec une participation obligatoire du titulaire, portée à 150 € pour l’année 2026 par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, pour les demandes de souscription déposées après son entrée en vigueur début avril.
Ce que ça change pour vous
- Identifiez le statut de chaque personne à former : salarié (OPCO), artisan dirigeant ou conjoint (FAFCEA), exploitant agricole (VIVEA).
- Retrouvez votre rattachement : l’IDCC sur le bulletin de paie pour l’OPCO, le code NAFA pour le FAFCEA, votre attestation MSA pour VIVEA.
- Vérifiez la certification Qualiopi de l’organisme sur la liste publique des organismes de formation, avant tout engagement.
- Réunissez programme, devis et convention, puis consultez les plafonds en vigueur sur le site du financeur, et non sur une plaquette commerciale.
- Déposez la demande dans les délais du financeur (au FAFCEA, au plus tard le jour d’entrée en formation) et conservez les justificatifs de présence pour obtenir le versement.
Sources
- Article L6321-1, Code du travail, Légifrance (version en vigueur depuis le 26/10/2025)
- Article L6332-17, Code du travail, Légifrance (en vigueur depuis le 01/01/2019)
- Article L6316-1, Code du travail, Légifrance (en vigueur depuis le 01/01/2024)
- Accord du 6 mars 2019 relatif à la désignation de l’OPCO des entreprises de proximité, IDCC 843, Légifrance (06/03/2019)
- Champ de compétences de l’OPCO des entreprises de proximité, OPCO EP (consulté le 23/10/2026)
- Comment connaître mon OPCO ?, AKTO (16/02/2026)
- Critères de prise en charge 2026, secteur Alimentation, FAFCEA (31/07/2026)
- Évolution des critères de prise en charge formation 2026, FAFCEA (31/07/2026)
- Je dépose ma demande, FAFCEA (consulté le 23/10/2026)
- Rappel important : certification Qualiopi obligatoire à échéance au 1er juillet 2026, FAFCEA (16/06/2026)
- Nos critères de prise en charge, VIVEA (consulté le 23/10/2026)
- Nos contributeurs, VIVEA (consulté le 23/10/2026)
- Être certifié pour accéder aux financements VIVEA, VIVEA (consulté le 23/10/2026)
- Financement du CPF : évolution du montant de la participation obligatoire, service-public (10/04/2026)
- Décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, JORF, Légifrance (01/04/2026)











